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Dimanche 18 mai 2008

Je voudrais juste partager ceci avec vous, non sans avoir une petite pensée pour Thomas à qui j’ai rendu visite ce matin et que j’entendais réévoquer un certain François Perusse que j’adore aussi… j’avais ce fichier dans un coin de mon ordinateur depuis des années et je suis allée le réécouter… le vla… un peu de gaité et un sourire en prime peut être si vous prenez l’temps d’écouter !!!


Tu venais te faire clairé de chez Dollarama
Et tu pleurais sur le trottoir
Et je passais par la avec le vélo d'mon beau-frère
Pour te consoler je t'ai dis bonjour je m'appelle Gérard alors...
(Ah ca s'est bien moé je trouve toujours le mot pour consolé quelqu'un)
On est allé chez nous pis quand t'as vu ma tresse de blé d'inde
C'est chez décorative t'as dit j'en ai une pareil
J'ai dit sa bin l'air qu'on ai faite pour s'entendre,
C'est quoi ton signe?Ah on ai tout les deux nés en novembre
J'métait mis un foulard sa tête pour imiter Angel Mama
Tu riais tellement que t'as faite un dégât
Doux souvenir de toi,Chu au travail pis j'pense à sa
Assis su mon tracteur je pense à toé pis moé la la la la
Tracteur assis su mon
Assis su mon tracteur je pense à toé
Assis su mon tracteur je pense à toé pis moé la la la la
Tracteur assis su mon
Toé pis moé assis su mon tracteur
Dandandandan !
Dandan dandandan !
Dandandandandandandan !!
Aujourd'hui on à tous les deux 40 ans
On s'échappe un peu plus qu'avant
Avant tu allais dans pièce d'à coter pour t'échaper
Mais pour ce garder une romance,on essaie de faire changement
Un soir,c'est le macaronie,l'autre soir c'est les patates
J'pense qu'à soir on peux ca faire dans le lit
Jamais je n'ai touché à une autre femme
(non!)
Jamais je n'ai regarder une autre fille
(euh..)
Jamais je n'ai imaginer..
(hum hum hum)
tutututututututu
oua!
Je veux finir mes jour avec toi
Presque tout les jours t'as dit que c'était le dimanche
Où j'ai retrouver les gars pour faire quelque pet de d'sous bras
Assis su mon tracteur je pense à toé pis moé la la la la
Tracteur assis su mon
Assis su mon tracteur je pense à toé
Assis su toé je pense à mon tracteur pis moé
Tracton assis sur meur
(Assons sur mon tracti je pense a te.)
Asoez sur mon tracmi je pense a oua piter la la la la...
Aseur sur mi tracmouai...
(...)
Onnnnnnnn...Assis sur mon tracteur...

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Dimanche 18 mai 2008

Parce qu’il m’a manqué aujourd’hui, l’exorciser ici « dédramatisera » probablement la chose ! Courage donc  Msieur Robert ??? koikvous zen dites vous hein ? ! : « Courage » Ma petite ! est un nom masculin (arffffff ça ! bien sûr !)… dont le sens premier de sa définition est : Fermeté, force morale face aux épreuves, aux dangers et à la souffrance.

Tout avait fort bien commencé cependant malgré un « départ de petit homme » hier soir fort difficile à gérer moralement pour lui et pour sa maman (donc moi ! lol ! vla ti po que j’me r’prends pour une star à parler à la troisième personne du singulier !!!)

 


S’ensuit donc…  les idées noires qui viennent se poser là pour me « câliner » sur mon canapé… Appel vers la Bretagne… le seul remède qui vaille dans s’genre de circonstances… larmes versées… beaucoup ! éclats de rire aussi de chaque côté du fil… et pour terminer… "engouffrage" sous la couette et livre accroché aux menottes !!!!… mieux, mieux… beaucoup mieux… atterrissage dans les bras de Morphée …. apaisée !

Réveillée par le camion-benne qui v’nait nettoyer les quelques « souvenirs » que j’avais commencé à déposer dès hier soir… sur mon trottoir !

Bon il fait tout gris, tout moche… y fait po beau ! Qu’à cela ne tienne… là tout de suite, il faut du café… du café et un truc à grignoter… dilong dilong ! (c’est koi ça ??? vous l’connaissez pas cor s’bruit là chez moi si ? Nan nan nan ! c’est qui qui ????) – Bonjour Facteur… xcusez de vous ouvrir en pyjama !!!! – Bonjour ! sourire ! Voilà pour vous et très bonne journée ! – Merci Facteur à vous aussi… Si vous saviez Facteur ! c’est vous le premier qui m’souriez dans cette journée et le paquet que vous venez de me remettre me fait du bien… des livres commandés dans le courant de la semaine et qui m’arrive ce matin au départ d’un week end… bah c’est juste une bonne nouvelle ! Bon ensuite passage chez certains de vous qui m’lisez (hummm, j’aime bien ! koike vous vous zetes un peu endormis sur vos lauriers là ! s’matin j’avais du temps !!! mais pas vous pour publier à ske j’vois !!! Bref !)… et … conditionnement ! alors comment tu l’organises ta journée ? ppppppp ! trouver le courage de descendre dans la cave, d’ouvrir les cartons et de laisser évaporer tout ce passé !!! nooooonnnn ! j’peux pas ! pas là ! non j’ai pas envie de ça ! j’ai pas envie de r’plonger là dans l’passé, pas ce matin, pas encore, pas maintenant !!! ah mais ma poulette faudra bien que tu te fasses Violence me dit la vilaine voix ! oui je sais, je sais, mais pour l’heure j’peux pas…  La violence j’crois que je peux juste plus… non c’est ça, j’peux plus.

Alors je paresse encore un peu, allez juste un tout p’tit peu et puis : raaa oui ça oui ! ca fait une éternité que j’ai pas fait les boutiks, allez va te faire un p’tit plaisir… ouep j’va donc faire ça ! après tout le budget clopes n’est plus dépensé (oui oui j’tiens toujours !!!) alors j’peux bien m’récompenser pour une fois ! – t’as envie d’koi ? – d’un pantalon en lin ! - alors va !

chui donc partie au volant de mon bolide… pour une virée citadine… c’était bien de prendre le temps de fixer les vitrines, de toucher les matières, de regarder les gens… vivre, s’agacer, se disputer, et rire aussi parfois…

C’était bien de sortir de la cabine d’essayage en ayant à l’esprit ce sourire de m’dire : que ce petit pantalon en lin chocolat m’va comme un gant  (oui bon bah ça va !!! hein !)… en tout cas je m’ sens bien d’dans et il est assez élégant ! Ma foi !!!!

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Vendredi 16 mai 2008

Bon autant vous l’avouer koike je doute que ce qui arrive dans ce billet soit à un instant l’objet de vos préoccupations, puisqu’elles sont les miennes et que je me débrouille avec comme une grande que j’deviens !!! (vous avez les vôtres, que j’aime bien soit dit en passant… !) mais il me faudra bien plus d’un week end en solo pour le réaliser… LE GRAND MENAGE !!!!

Deux ans… Nous arrivons à cette deuxième date anniversaire de ma life qui me fait réapprendre le célibat ! « Deux ans ! cré vin diou ! » me diront certains !!! – Ah ouep, c’est vrai deux ans ça peut paraître une éternité ! pour moi il n’en est rien ! Deux ans c’est juste le temps de re-mettre la machine en marche.

 

Pendant un an j’ai rien pu faire de ma « pauvre p’tite vie »… prise dans mon deuil précisément et n’ayant que la petite mort de mon quotidien à l’esprit… Le premier anniversaire… sans Lui (mon amour enfuit !), sans Nous, sans ma vie de 14 ans… Le premier été ! La première rentrée… le premier Noël… qui ne sont vécus que dans l’obsessionnel chagrin de la perte de la vie d’avant… Voilà ! c’est ça ! c’est un énorme calendrier de l’Avant dont on ouvre une petite case, chaque matin en s’éveillant… et qui nous montre tour à tour la peine, la souffrance, l’incompréhension, le dégoût, l’absence, la solitude, la déchéance, la désillusion…. Tant, tellement de mots et ses sentiments liés… que nous explorons… c’est une vraie encyclopédie que nous visitons, s’appropriant tour à tour, au fil du temps chacune des définitions.

Puis une année suivante et sabbatik… parce que dans l’encyclopédie y a d’autres mots et bien d’autres définitions à lire, à comprendre, à entendre et à s’approprier, comme la liberté, l’envie, le partage, l’écoute, l’empathie, l’ouverture, la nouveauté, les horizons… L’éphéméride que j’effeuille chaque matin avec un certain entrain – oh ce n’est pas encore l’extase, mais ça en prend l’chemin !

Durant ces deux années, il m’aura fallut me « battre », entre autre !, pour m’approprier … administrativement mais sans léser l’Autre… une petite maison qui nous appartenait ! elle est mienne désormais et elle est aussi une de mes grandes fiertés… oh elle payait pas d’mine quand je l’ai visité ! vous l’auriez vu ! « La Roseraie » kelle s’appelait (parce que dans l’fond d’la cour traînait deux pieds… !  Ses habitants s’étaient usés dans son ventre, ils étaient âgés et devaient se résoudre à là quitter… elle était à leur image et pourtant ! quand je suis entrée ici, elle m’a appelé… l’ont ils aimé leur roseraie… ??? je crois que oui !

Dans les 10 minutes durant lesquels je m’étais imprégnée d’elle, je savais que c’est ici que je voulais habiter ! je voulais lui arranger l’portrait, là soigner, la rendre si belle que personne n’ait envie de là quitter. Je là voulais chaleureuse, lumineuse et gaie… je là voyais déjà – Mais si regarde ici on peut faire ça, abattre ce mur pour faire entrer la lumière – organiser un coin repas par là – là ce sera notre chambre et ici celle de petit Homme parce qu’elle est plus calme, sans aucun vis à vis, il va être bien ici… Nous serons bien ici ! acceptons le prix sans rechigner ! Il a voulu négocier ! j’ai passé une nuit blanche attendant le verdict… j’étais persuadée que d’autres gens plus sages que nous signeraient sans broncher… Un matin… l’Agence a téléphoné… « Je suis heureuse de vous dire que les propriétaires ont accepté votre proposition »… j’ai pleuré, je l’aimais cette maison, elle allait être la Nôtre ! A mon tour c’est dans son Antre que j’allais profiter de sa douceur et que quand quelque chose n’irait pas c’est en elle que je me ressourcerai…

Ce week end c’est donc la cave que j’investirai… N’ayant eu ni le courage, ni l’envie de faire ce grand nettoyage plus tôt… Jeter toutes ces affaires de notre vie passée, ouvrir ces cartons maintenus scotchés pour remettre, chaque fois à plus tard, la difficulté de laisser s’évaporer l’odeur de tous ces souvenirs qu’ils vont dégager… la peine de me retourner, de tomber sur quelques photos jaunies, quelques vaisselles qui ont accompagné tant de dîners, de petits déjeuners aux temps où nous étions heureux… tellement heureux… aux temps où, chaque année, nous fêtions nos vingt ans …

Rhaaaaa ou ksé qu’elle est mon encyclopédie ??? – rhuuuummmm ! Nostalgie : définition : Nom féminin (arfffff !!!! lol) Mélancolie. Tristesse liée à des choses passées.

Oui bon bah ça on l’savait Msieur Robert ! Mais y a un autre mot, parfois, pour y pallier non ? si si ! çui là : Poubelle : définition siouplait ! Nom féminin (rhooooo !)… Récipient destiné aux ordures ménagères…

Bon nous diront donc qu'il est peut être l’heure… après deux ans ! de considérer que la place de la vaisselle ébréchée est dans le récipient destiné aux ordures ménagères ! Méthode couet !

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Vendredi 16 mai 2008

J’ai toujours été fanatique de Tarzan. Je l’ai découvert à dix ans… un vieux film qui passait à la télé ; on ne m’en avait jamais parlé. A la fin du film, j’ai eu un immense chagrin – je pensais que jamais plus je ne verrais un film de Tarzan ; j’ai sangloté. Ce n’est que le lendemain que j’ai appris, extasié, qu’il s’agissait d’un cycle Tarzan qui allait se poursuivre tous les samedis matin pendant six mois. Je n’en ai pas raté un.

Néanmoins, au fur et mesure que le cycle Tarzan se déroulait, je me sentais de plus en plus mal. Un deuil s’installait en moi ; je me rendais compte que le cycle allait un jour arriver à sa fin, et qu’à ce moment-là, je n’aurais plus la possibilité de regarder les films de Tarzan. Mes parents avaient beau m’expliquer que ce n’était pas grave du tout, que les films de Tarzan passaient régulièrement à la télévision, à droit ou à gauche, sur des chaînes différentes, et que ça ne finirait donc jamais… que tous les enfants adoraient Tarzan, et que les chaînes télé avaient intérêt à perpétuer la chose.

Et pourtant, mon deuil ne me lâchait plus.

C’est lentement que je me suis rendu compte de la véritable nature de ce deuil. Je grandissais… Un jour, je ne serais plus un enfant ; je savais que, ce jour-là, je cesserais fatalement d’adorer Tarzan. Ce qui me faisait plus peur encore, c’était que je savais pertinemment qu’au fur et à mesure que je cesserais d’adorer Tarzan je m’en ficherais de plus en plus – évidemment, puisque je l’adorerais de moins en moins.

Chaque nuit quand je disais mes prières au lit, en larmes je demandais à Dieu de faire en sorte que je n’arrête jamais d’adorer Tarzan.

J’avais peur, moi aussi, de perdre le Howard d’avant.

 

Extrait de :

« Il y a quelqu’un là-dedans »

Des autismes

Howard Buten

 

Ce passage ici qui illustre selon moi ce que j’ai voulu exprimer à propos du deuil précédemment !

Pourquoi faut il en effet attendre des décennies pour comprendre que tous, il nous fallait avoir peur de ce jour qui naît, peu importe quand, et qui emmène avec lui, à sa nuit tombée, notre amour pour Tarzan !  ou pour Jane… c’est selon ! ou encore Chita !!!! ... Histoire de mettre tout le monde d'accord !

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Vendredi 16 mai 2008

Du pays de Juliette … au vôtre… au mien !

Il n’y a qu’un pont (de singe !) qui nous sépare tous… suffit probablement d’entreprendre le parcours, moitié-moitié, fifty-fifty… qui nous rassemblerait… U-to-pi ! nous dit la vilaine voix !

Si si r’gardez le pont est face à nous, je vous aperçois au loin. Certes il est en bois. Oui ! il est branlant. Nous avons le vertige vous et moi, mais il n’est que deux possibilités qui s’offrent à nous…

Ah bah oui j’vous entends vous dire : Bah ELLE a Ka l’traverser ELLE, et puis venir jusqu’à moi, ensuite nous verrons !

Mais là je vous réponds NON ! (oupssss quelle autorité n’est ce pas !!!) – je me calme et je vous dis : Il faudrait que nous tentions le même effort, que nous parvenions, chacun, à apprivoiser nos peurs, parce qu’en le faisant nous aurions tous deux les mêmes chances, les mêmes envies de partage, la même ouverture vers le dialogue.

 

La Douleur … La Vôtre, La Mienne…

Il est des instants de nos vies… si soudains, si violents, si inexplicables que nous ignorons immédiatement comment ils influenceront l’horizon.

Peu importe l’histoire, le vécu, le passé, le présent… l’essentiel est alors, subitement, le demain que nous ne pouvons plus envisager. Il nous faudra « vivre avec » désormais… vivre avec ce sac déposé là au détour du chemin, peu importe par qui, peut être juste vient il s’écraser là par nos erreurs, par nos peurs, par ce que nous ignorons tant de la vie.

Faire naître la douleur selon moi n’est qu’entreprendre le deuil. Ici j’entends par deuil un autre aspect que la définition première de ce mot (qui est loin de n’être qu’un mot…), j’entends donc par deuil, la nécessité de laisser pour passé nos illusions, nos certitudes qui deviennent, au fil des années, des rencontres, des échecs, de l’usure… que sais-je encore, la vie d’avant… avant que ce gros sac nous lacère le corps et l’esprit, avant qu’il ne nous étouffe de son poids.

Extérioriser la douleur c’est travailler à ce deuil et se donner ainsi l’opportunité, un jour, de se dire sans colère, sans amertume que la vie d’avant était ainsi mais que dorénavant, il est des gens devant ce pont, endeuillés à leurs façons. Retrouver en eux alors l’envie de les écouter, de les entendre assurément, de reconnaître l’empathie de leur petite mort, d’une autre nature, d’un autre timbre, mais qui les a faite ainsi, tels qu’ils sont devenus aujourd’hui… Travailler à ce deuil, c’est juste accepter de continuer de vivre… avec les autres.

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Jeudi 15 mai 2008





"J'aime les gens qui fréquentent les livres et qui ne peuvent vivre sans eux. Je crois que cela leur donne une humanité que les autres n'ont pas.
"

Philippe Claudel,
Petite fabrique des rêves et des réalités

 







L’auteur a eu ce plaisir de prolonger la réalisation de ce film que j’évoquais ici il y a quelques temps : Il y a longtemps que je t’aime
.

Pour vous situer : Juliette (l’héroïne du film) sort tout juste de 15 ans d’emprisonnement et séjourne pour quelques temps chez sa sœur. Juliette n’est plus une femme depuis longtemps… elle est un volcan. Quand elle acceptera de vivre son éruption, elle aura tellement moins mal…

 

L’auteur nous parle de la douleur de cette manière :

Douleur

Lorsqu’un deuil brutal nous frappe la douleur est vive, mais le temps qui passe la transmue souvent peu à peu en peine. Je voulais demeurer au cœur et au centre de la douleur, et montrer que Juliette [héroïne du film et qui sort de 15 années de prison] avait vécu en elle pendant de longues années comme dans un pays, qu’elle s’était exilée dans sa propre douleur et que celle-ci n’avait jamais faibli. La douleur de Juliette se régénère tant qu’il lui est impossible de regarder le monde à travers un autre filtre. Elle agit aussi comme une force qui pousse Juliette à refuser, à s’interdire toute chose qui pourrait l’éloigner d’elle. Cela m’intéressait de montrer le côté possessif, dévorant, exclusif de la douleur. (…)

[Dans le film l’héroïne fait la connaissance d’un ami de sa sœur qu’elle recroise par hasard dans un musée]

La voix douce de Michel qui susurre à l’oreille de Juliette « le tableau s’appelle La Douleur… » met en place une sorte de paradoxe : c’est ici la douceur qui donne le ton de la douleur, comme pour exprimer que la douleur ne s’accompagne pas toujours de cris, de hurlements, de manifestations extrêmes.

Dans la scène finale du film, ce que je voulais, c’était une expulsion de la douleur, quelque chose d’effroyablement violent comme peut l’être une naissance par exemple. On pourrait dire que pour la première fois, Juliette fait naître sa douleur, qu’elle la livre au jour et aux autres, et cet accouchement est terrible. Mais en même temps, le monstre n’est plus intérieur, et le fait même qu’il soit désormais sorti de ce corps et de ce cœur est peut être la promesse que désormais il va perdre de sa puissance.


Pour Juliette, c’est Michel qui aura "su mettre le feu aux poudres", activer le bâton de dynamite pour que jaillisse la lave, trop gluante, trop lourde, trop étouffante qui stagnait dans le corps et dans l'âme de Juliette depuis toutes ces années. Ils ne vivront pas une histoire d’amour, enfin pas une histoire d’amour comme beaucoup en rêveraient ! Ils vivront une histoire… Majeure, une de ces histoires que nous vivons tous dans nos vies et qui nous fait nous dire que certaines rencontres sont vraies, que certains passants s’arrête un jour de passer, pour rester là, à nos côtés - nous aux leurs… Juste pour s’aider à supporter l’insupportable… Pour parfois soutenir l’autre à accepter l’inacceptable… Juste pour s’aimer et vivre de nos histoires d’amour et d’amitié !

 

publié dans : Kahiers de textes communauté : L'écriture dans tous ses états
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Lundi 12 mai 2008

Là où je vis il est commode de considérer qu’il faut scintiller pour exister !

Là où je vis il est ordinaire de plonger son poignet dans une rivière d’émeraude de la Place Vendôme… !

Là où je vis, le « saucisson à quatre pattes » s’appelle Gucchi !

Là où je vis les jeunes filles de « bonnes familles » s’affichent en bikini, dans la dernière décapotable d’un Monsieur un peu âgé, un peu fortuné… Mais juste ce qu’il faut ! Le soir, après la plage privée (d’individus communs) Demoiselle rentre à la Villa de Monsieur. Monsieur est un homme important, doté de bon nombre de signes extérieurs de richesse ; certains, il peut aisément les montrer, les porter et les transporter… Le polo rayé Ralph L fait très « tendance bord de mer » pour l’après-midi… Pour la soirée en r’vanche, même quand le soleil est, lui, couché, Monsieur attaque la soirée, une paire de Ray Ban sur le regard et qui lui semble du meilleur effet, pour se protéger des sunlights multicolores du piano bar branché ! D’autres signes ne sont pas qualifiables eux… comme, par exemple, la gouvernante, le jardinier et le caddie…

Le caddie pour Monsieur n’est pas synonyme de supermarché, oh la la non ! Le supermarché quelle horreur ! Monsieur ne s’y rend que tout à fait accidentellement pour « faire le plein » de temps à autre et, éventuellement, asséner ses mots de Monsieur aisé à « une petite caissière » si l’opportunité s’présente, si les nerfs de Monsieur lâchent parce qu’il est homme important, que son stress n’est en rien commun à celui des autres et que précisément d’autres que lui, du même acabit, envahissent « sa » station (balnéaire ou service)… Peu importe ! Monsieur l’envahisseur n’aime pas se sentir investit. Au volant de son 4 x 4, quand la colère lui vient, Monsieur insulte, hurle, fait vrombir sa machine pour affirmer sa présence et sa « toute puissance » !

Revenons donc à  son caddie (dans lequel il ne met pas d’jeton !)… Son caddie donc prendra soin des inoubliables journées de 18 trous entre gazon et dunes. Monsieur et ses amis prendront petit plaisir à rire un peu de lui, de temps à autres, ne comprenant rien du choix que notre caddie n’a pas, lui, et qu’il ne peut, pour gagner son pain, que se soumettre au dédain de Monsieur pour que se déroule au mieux l’un de ces fastueux week end …

Là où je vis le mépris règne.

Là où je vis cependant la forêt resplendit, la mer se déchaîne. Là où je vis la qualité de vie n’est pas celle des billets qui s’amoncellent, des casinos qui ensorcellent.

Là où je vis, au fond, on peut leur laisser croire que rien ne serait pareil s’ils ne nous rendaient pas visite, mais dès qu’ils repartent nous savons nous, les « pursouche » que la qualité de vie n’est pas dans leur Carte Gold mais juste dans la richesse de nos pins, de notre histoire et de notre quotidien qu’ils fuient pour retrouver « leur capital(e) »… là où ils travaillent.

Là où je vis j’aime à me poser face à la mer, qui est là seule ici qui n’a besoin d’aucun artifice pour que je puisse inlassablement me répéter une seule chose :  Je sais pourquoi je suis ici… là où je vis !

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Vendredi 9 mai 2008

Voilà des lustres que ça ne m’est pas arrivé… investir la cuisine… passer le tablier… Monter le son de la chaine hi-fi et chantonner devant l’poulet ! Remplir ma bouche d’eau fraîche devant les oignons (merci Zaza ! lol ! – Penser à toi ! sourire ! ) - Me dire : « ah et pi il faut que je lui raconte ceci, et pi cela ! oh j’me d’mande si j’vais retrouver son sourire tel que je l’ai quitté ?!! »! – lui passer un texto pour lui dire le plaisir que j’ai là toutdesuitemaintenant à l’idée qu’elle sera là… dans ma maison dans quelques heures seulement ! le faire !

Les portes sont grandes ouvertes, le soleil est là – les fleurs qui m’entourent ont soif… la même soif que moi ! celle de retrouver la vie, celle de retrouver une amie qui avait quitté mon quotidien mais jamais mes pensées -  parce que je n’étais plus celle qui pouvait l’écouter, lui donner, lui apporter le réconfort que je ne retrouvais déjà pas en moi, plus celle non plus capable de se confier, de demander de l’aide, de recevoir le réconfort… Je n’étais juste plus moi…

S…. fut quitté elle aussi après 17 années de vie en communauté ! juste quelques semaines après moi ! nous avons vécu elle et moi le même chagrin, le même trou noir, le même divorce, les mêmes déchirures…chacune de notre côté.

De son côté, elle a su rouvrir son p’tit cœur blessé à un homme qui sera ce soir à nos côtés…

Il n’y a rien à préméditer… Je suis heureuse qu’elle vienne ce soir s’asseoir à mes côtés, heureuse de faire une jolie table, d’y placer la bougie anti moustik à l’odeur de citronnelle, de déposer trois coupes et de laisser mijoter sur le gaz… et juste de profiter, profiter, profiter d’elle pour rattraper quelques secondes du temps qu’elle et moi n’avons que trop laissé filer !

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Mercredi 7 mai 2008

Allez viens voir M’man, j’vais bien tout t’expliquer comment j’fais ! Chui tellement content ktu sois là… et dis j’rentre à quelle heure à la maison ? tu vas venir avec moi hein, Maîtresse elle va dire oui c’est sûr, pi elle aura une combin (aison) à t’prêter ! c’midi on pique nique sur la « plage des pauvres »… j’partagerai mon panier avec toi… allez M’man dis ouiiiiii steuppppppppplé ! et demain tu vas là faire hein la descente en Canoé avec moi, on peut être à deux dans l’canoé j’ai d’jà d’mandé à Maîtresse, et elle a dit que si des parents voulaient accompagner, ils zétaient les bienvenus…et dis à quelle heure keuj rentre à la maison hein ? Ah maman… un câlin, viens… allez vite fait … un câlin…

 

Euh Chéri ? oui là d’vant les copains ????!!!!! tu veux bien ???

Bien sûr qu’il s’en fout des copains, bien sûr qu’il est heureux de ce soleil majestueux qui l’accompagne sur les flots de « sa » mer… Bien sûr que Sa Mère lui a fait une sacrée surprise en s’pointant là… juste pour l’apercevoir en combinaison (d’pingouin)… - Ouais bah tu sais pas ske j’ai vu hier de mon bateau… Un phoque M’man ! si si j’t’assure, si tu m’crois pas tu peux d’mander à Maîtresse – Maîtresse confirme ! elle semble aussi heureuse que « ses » enfants… Ils sont merveilleux à regarder, à respirer, à dégager tant de bonheur de se frotter tous ensemble à notre mer… Alors M’man vient m’aider là, fais un nœud de Huit  - Arrfffff Quoiqu’estcedonc un nœud de huit mon ange ???? pppppp ? – Raaaaaaa t’as vu Pierre, M’man elle sait même po faire un nœud d’huit !!! – rire de Pierre et mon envie dégoulinante de leur dire combien je les trouve beaux quand ils sont si heureux – ouep pi tu t’rends compte M’man on a même pas d’devoir cette semaine, on fait classe quand la marée est basse pi après on a même pas d’devoir !!!!

La marée monte pour l’heure, à une vitesse impressionnante, il est l’heure pour lui de naviguer… vogue, vogue Mon Ange, remplit toi de tous ces moments là… Je suis là, j’ai peur pour toi, je te vois encore si petit et déjà si « prêt » à affronter vents et marées… Vogue, vogue mon petit… je reste sur le quai… tout prêt de toi… toujours… prête à ce que tu t’amarres à moi, dès que tu te sentiras épuisé d’avoir tant navigué…

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Lundi 5 mai 2008

Retranscription d’un mail made in Saint Malo !

De : la Malouine

A la : Chti

Sujet :
Dis tu l’savais toi qu’il était pas salé ?

....l'beurre Charentes Poitou ? ...ou comment ne jamais juger sur les apparences !!!

 

Bonjour Ma Lilune,

Aujourd'hui c'est lundi, et me faire offrir un tit café chez toi est ma première envie !

Tu veux qu'j'te raconte ma quasi matinée déjà passée ?

Non ?

Siiii j'suis sûre qu't'en as envie !

Allez toute façon t'as pas l'choix maint'nant qu'j'suis assise dans tin canapé rouche !!

Alors c'matin m'suis réveillée comme d'hab'. Tu penses bien qu'à c't'heure là, en bonne pralinette que j'suis, j'n'allais pas m'précipiter en posant mes pieds sur la moquette ! J'ai donc très vite refermé mes zyeux puis j'me suis r'mise à demi-somnoler. 10h... ah y est mes tits pieds frôlent le sol.

Envie d'un bon café pour bien commencer la journée. Huuum ça hume bon dans ma maison ! V'là qu j'sors l'indispensable grille pain (oh au fait tu sais qu'j'me suis ach'té une pince à toast en bois juste pour pas qu'tu m'retrouves pas un jour les ch'veux ébouriffés et les mains collées sur l'toaster !! pas beau comme progrès ça ?), et que j'sors du frigo my....new beurre !! Comme il est beau dans son pot façon baratte. Dessus c'est marqué : nos régions ont du talent, et y'a même une pastille rouge qui m'dit qu'il est "d'aoc". Moi j'n'en doute pas depuis que j'l'ai acheté y'a une bonne semaine mon beurre qu'il va être super trop bon quand y fondra sur mon pain tout chaud. Mais zau fait pourquoi ai-je donc acheté du beurre Poitou Charentes ? Bah y'vait pas l'mien, l'made in Bretagne, dans l'rayon. Et j'ai même pas hésité à en changer puisque çui là était fait avec du talent !

Et alors il est comment c'fameux beurre made in Charentes ?

Horreur, malheur !!! L'est même pô salé, l'est tout triste, tout fade, tout doux pourtant ! Ca alors !!! J'me suis fait eu ! J'ai jugé sans même le connaître sur l'apparence en me disant qu'il allait être parfait ! Et j'm'a bien gourée !! Suis certaine que dans l'rayon y'avait sûrement un p’tit beurre extra bon qui payait pas d'mine mais qu'avait très certainement un sacré talent : celui d'embellir mes tartines et d'emballer mon palais (royal !).

 

Leçon du jour : c'est pas l'habit qui fait l'moine ! cqfd !

 

Alors c’est pas d’la leçon d’Humanité ça ???!!!! ... ouep c'est elle...ma bretonne de meilleure amieeeeeeeeuuuuu !   

publié dans : au kotidien communauté : Chroniques du temps présent
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