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Jeudi 24 janvier 2008
Amour
 
Je m’en vais vous parler d’amour, puisque c’est « bientôt » la Saint Valentin – la fête des amoureux qui se jurent dans les yeux à partir de ce jour un éternel amour. Le poète a beau les mettre en garde – « si tu t’imagines fillette fillette xa va xa va xa va durer toujours la saison des za la saison des za saison des amours », rien n’y fait. Parlons d’amour, donc, parlons de l’amour. Mot sacré et sacré mot, n’est ce pas ? – le genre dont on se méfie parce qu’il est tellement galvaudé, mais sans s’en lasser jamais, en s’enlaçant souvent. C’est un mot riche, en apparence, dont le verbe dérivé désigne aussi bien le sentiment qu’on porte à sa femme, à ses enfants, à son chien, au Beau, à la philosophie ou à la blanquette de veau ; l’amour engage à toutes sortes d’actions humaines : on peut le crier, le chanter, le rêver, le jurer, on peut en vivre avec un peu d’eau fraîche, en mourir avec beaucoup de chagrin, on peut même le faire, eh oui, ça se fait, l’amour, c’est un plaisir – ne dure-t-il qu’un moment ou bien toute la vie ? Difficile à préciser : il n’a jamais jamais connu de loi.
 
Pourtant, malgré cette multitude de dons, au sein de cette puissance planétaire, le doute creuse, s’insinue dans la petite alvéole, là, devant : l’a de l’amour s’entend alors comme un préfixe – ce que la grammaire appelle un préfixe privatif, et c’est bien vrai : l’amour est une privation, il y a quelque chose qui manque, une absence, une abolition, une abjuration, que sais-je ? quelque chose qui n’est pas là, qu’on a perdu si on l’a jamais eu, l’a de l’amour nous sépare de l’amour, nous tient à distance, on ne peut pas approcher plus, on se heurte à un mur, au mur de l’amour – un mur aveugle comme seul l’amour peut l’être, on a beau cogner des poings ou toquer gentiment, dire qu’on est là, « je suis là, mon amour, c’est moi ton grand ta, ton grand ta, ton grand amour », ça n’ouvre pas, ça ne s’ouvre pas, ça s’entrebaille à peine, vous n’entrez pas comme ça, pas comme chez vous, non, c’est une propriété privée, absolument, c’est privé, l’amour, c’est privé de tout.
Comment alors seulement concevoir que l’on puisse en être comblé ? Si l’on y regarde bien, en dehors du petit a, que trouve-t-on dans l’amour, dans l’amor ? La mort et l’âme, l’amour à mort, la mort dans l’âme, et l’amour est amer. J’en vois qui ne sont pas d’accord, qui font la moue : amour rime avec toujours, dites vous ? Certes – mais aussi avec « ce que tu te goures ». Alors bon, c’est un mot dans lequel on aime à se lover comme un caniche dans son panier avec l’infini à ronger, mais de là à lui faire une telle fête, non. D’ailleurs, c’est qui, ce Valentin ? Est ce qu’une autre date ne conviendrait pas mieux pour célébrer l’amour toutou l’amour toutou l’amour toujours – voyons, euh… je ne sais pas, moi… : la Saint Glinglin ?
 
PS : Mais bien sûr que je plaisante, mon amour !
 
« Le Grain des mots »
Camille Laurens
P.O.L (2003)
 
Ah bon ! bah ok ! Inventons donc une fête… Bonne Fête à vous tous… mes frères et sœurs…, Glinglin à vos heures !
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Mercredi 23 janvier 2008
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« Ce soir, Claude est mort. Je l’aimais. Ma vie s’arrête et commence en même temps. Pour éviter de nommer l’événement, je dis avant et à présent
(85 pages plus loin….)
Je pense aux obsèques. Je veux prendre la parole. Je veux parler devant l’assistance. Je dois le faire, dire devant témoins ce que fut ma vie avec lui. Dire à la famille, à ses parents, à mes parents, dire devant notre fils que notre vie était heureuse. A présent que je suis la seule à le savoir, si je viens à disparaître, à perdre la tête, si je suis frappée d’amnésie, qui saura cela ?
 
Ca semble ridicule de parler de bonheur une fois qu’il n’existe plus, d’accepter sa réalité après coup. Je découvre aujourd’hui que j’étais heureuse. Ca me donne le vertige. J’étais inquiète, angoissée, mais heureuse. Pourquoi on ne sait pas ces choses là ? Pourquoi on ne les mesure pas ? Parce qu’on croit que le lendemain sera mieux, forcément, on attend mieux on demande plus, on trouve que le présent est minable, comparé à ce qui va arriver. On attend d’emménager dans une nouvelle maison, plus grande avec un jardin, on attend d’être en vacances, on attend d’avoir un deuxième enfant, on attend de publier un livre, on attend qu’il ait du succès, on attend d’avoir de l’argent pour travailler moins, on attend d’être libre. On a les yeux rivés sur l’avenir, on ne décroche pas de la ligne d’horizon. On attend d’être tranquille, apaisé enfin, on attend demain. À force d’attendre, on piétine chaque jour qui passe, on le vit comme un état provisoire, on ne s’installe pas vraiment. On a le cul entre deux chaises, on est autour de la quarantaine, on est sur une rampe de lancement, et déjà on regarde en arrière. On ne veut pas savoir qu’on est heureux. On est superstitieux. Alors on est aveugle, on est distrait, on râle pour la forme, on se plaint, on est complaisant, on ne voit que ce qui ne va pas, on en fait une montagne, on se gâche la vie, on est contrarié. On fait toute une histoire parce qu’on a pris un PV, on fait un drame parce qu’on a un pneu crevé, on broie du noir parce qu’on a fait brûler un rôti. Et puis l’essence qui augmente c’est insupportable. Et la guerre en Afrique, en Bosnie, en Tchétchénie. On n‘a pas le moral, on n’a pas de chance. C’est ce que l’on croit. Mais en fait, tout au fond, bien enfoui au fond, on boit du petit lait. Aujourd’hui qu’il n’y a plus rien, je sais, je peux dire comme c’était bien.
 
Je veux prendre la parole. Les obsèques. Ne pas rater ce moment-là. Ne pas se planter. Je rédige sur un carnet. Je fais des débuts de phrases, des dizaines de commencements. Ca ne colle pas, jamais. Je suis le soir dans mon lit et je remâche des phrases. La lampe de chevet est allumée. T dort juste à côté. Ce ne sont pas les mots qui se refusent, c’est plus grave que ça. J’aimerais dire, sans utiliser la langue, sans m’en remettre aux mots, qui, pour la première fois, ne me sont d’aucun secours. Aucune phrase ne me vient. Je dois commencer alors que c’est la fin. La fin de notre histoire, et déjà, je dois en réinventer une avec des mots. Je veux parler, désigner des témoins. Mais en fait c’est à lui seul que je veux m’adresser, à qui je n’ai pas parlé depuis plusieurs jours, c’est à lui que j’ai des choses à dire, des choses concrètes. Lui dire par exemple que j’ai un livre pour lui, il s’appelle Nico(1). J’ai un exemplaire pour lui. J’en fais quoi ? Je me le garde. Tu peux te le garder. Je suis descendue du train avec mon livre pour lui à vingt heures trente et il n’a pas attendu. Il avait perdu presque tout son sang. J’essaie de faire des phrases avec des choses comme ça. Dire qu’il ne m’a pas attendue, tu n’as pas attendu, tu es allé au devant de quoi ? Et pendant que tu étais au bloc opératoire, moi j’étais dans le train, tranquille, guillerette, mon livre pour toi dans mon sac. J’ai voyagé dans la voiture-bar parce que j’ai pris un TGV plus tôt, sans réservation, pour rentrer plus vite. Je venais de faire le service de presse de Nico, deux cents dédicaces, j’étais dans l’action, absorbée, avec mon stylo plume, l’encre noire sur la page et les cartouches de rechange. Une belle journée, des mots gentils, des visages complices, le pont des Arts traversé le matin sous le soleil déjà chaud. Une journée où j’existais parce que mon livre existait, il allait partir par la poste plus de deux cents fois. J’existais deux cent fois. Je souriais facilement, pour un rien, je souriais. Cette journée était ta dernière : tu la vivais sans moi, et pendant ce temps, je souriais. Il te restait six heures à vivre, et moi je ne pensais pas à toi, il te restait cinq heures, je cherchais l’inspiration pour mes dédicaces, il te restait quatre heures, je longeais la Seine en direction de la gare de Lyon, il te restait trois heures, je plaisantais dans la voiture bar avec un homme qui m’avait prise pour la femme d’un autre. Je n’ai eu aucun signe, rien, absolument rien. L’accident a eu lieu vers seize heures trente, je l’ai déjà dit, et rien, pas un indice dans le bureau des dédicaces, je buvais un café, rien, pas un papillon entré par la fenêtre, pas une pendule qui s’arrête, pas un nuage qui masque le soleil à cet instant. Tu peux crever à cinq cents kilomètres et moi je fais comme si de rien n’était, je bois mon café, je fais de l’esprit, je suis satisfaite ». 
 

Voilà juste un p’tit partage… d’un livre qui n’a l’air de rien, mais qui résume tout…. N’oublions jamais… ! que seule la mort est irrémédiable.

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Mardi 22 janvier 2008
J’aime annoter les livres… (rrraaaaaa ça c’est pas bien !)… Ca devient une manie… de laquelle je me retiens sans cesse… et pourquoi donc j’me retiens de faire ce dont j’ai envie ??? Parce que c’est énervant je suppose pour le lecteur qui suit… Quand j’aime une lecture, j’ai envie d’y mettre mon grain de sel donc d’annoter les marges, de souligner les mots… d’exclamer un point… d’interroger un chapitre !
 
Quand cette frénésie me gagne c’est que j’aime le bouquin, et si j’aime le bouquin, j’ai besoin de « transmettre »…
 
Alors forcément, je me retiens pour ne pas gêner le prochain lecteur, pour ne pas agacer son moment, pour ne pas lui prendre l’esprit, quand, en tête à tête avec l’auteur, il se demandera… Mais qu’est ce qui a arrêté son stylo ici ?
 
Pourtant je rêve d’une chose… c’est de lire un livre annoté… peu importe de qui, peu importe pourquoi… je n’ai jamais eu cette chance de tomber sur un écrit qui parle suffisamment à quelqu’un pour qu’il n’est pas su se retenir d’ajouter sa trace, son encre, son passage.
 
Depuis quelques temps, j’ai dans mes lectures, un p’tit carnet… pas que là d’ailleurs, j’ai en règle générale le syndrome du p’tit carnet… dans la voiture, dans l’sac, sur la table du salon, le chevet… partout faut qu’j’écrive mes pensées au fil de la journée… c’est obsédant un p’tit carnet et pi, au fond, ça sert à rien ! Parfois les soirs de relecture de p’tit carnet j’me dis : oui bon bah oui ! alors j’arrache, je déchire et vlan… mes pensées s’envolent… jusqu’à demain matin quand, au réveil, je noterai sur celui du chevet la première pensée du jour : annoter mes livres désormais… Ne plus jamais m’en priver.

Y a t il quelqu'un dans l'écran qui souhaiterai m'offrir ce bonheur là ????... un livre annoté... par vous ?... Maaaa pour qui j'me prends donc subitement ???!!!
- Publié dans : Le syndrome du p'tit K-rnet
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Mardi 22 janvier 2008

Voilà l’album qui m’est tombé dans zoreilles il y a quelques jours. Autant voul dire tout de suite, j’ai envie de l’offrir à tout l’monde !... sauf peut être à Mr H, le voisin d’en face, parce qu’au fond, je doute fort que du haut de ses 78 printemps, il se sente chatouillé par le message délivré ici.
 
J’ai un grand trac là toutd’suitemaintenant en me posant à ma table d’écriture avec l’envie démesurée de vous parler de cet endroit…, bien sûr il me faudrait un minimum de concentration (arrrffff !), bien sûr il faudrait que vous soyez un tout p’tit peu attentif (hum hum ?!!!)… et bien sûr qu’il faudrait que j’parvienne à titiller suffisamment votre curiosité, que mes mots soient à la hauteur … Mais si cette vidéo là haut dessus ne vous a pas fait sourire… j’aurais beau me décarcasser… c’est perdu d’avance ! En revanche, s’il a su lui tout seul comme un grand qu’il est, vous décrocher un sourire… Bah j’sers pu à rien ! et puis au fond chui ki moi pour donner un avis ??? Po critik de sik, ni pigiste chez les inrock… Bref j’vais donc faire bref.
 
Cette merveille est donc ce que l’on nomme un « album concept » dont les pistes donc… c’est l’principe ! s’enchaînent pour former une histoire… Je ne peux pas vous décrire la richesse des textes, l’intensité des mélodies pour au final n’en dégager qu’une bien grande émotion qui n’amène qu’à une chose… renouveler l’écoute… avec la même envie qu’il nous embarque de nouveau dans son univers pour aller fouler un peu la poussière des chemins de Rio Baril …
 
Et puis y a un bonus….. un autre cadeau qu’il nous fait :
 
Voilà pour l’heure… j’vous ai tout dit… A vous d’jouer si ça vous parle, si ça vous chante, s'il vous touche... il peut le faire très bien, il a un don... croyez moi !
- Publié dans : Artistikkkk....
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Dimanche 20 janvier 2008
Sexe
Féminin : Adjectif – qui est relatif aux femmes… oui jusque là, chui d’dans !
Age
A l’aube de ce que mes congénères de la gent masculine représente comme : « La Crise »… de certains !
Profession
Tapote du clavier
Région
Fabuleusement authentik, nous dirons que je côtoie de près les barak à frites, les fricadelles, que ché moi (enfin dans ma région !!) « on parle comme cha », on aime la bière, les moules, et que j’ai dans le cœur le soleil que je n’ai pas dehors din min koin ! (le correcteur d’orthographe en personne ne comprends pas tout à ske chui en train de lui taper dans l’cornet). La mer du nord me fouette de ses embruns !! La Voix du nord est mon quotidien…
Situation
pppppppppppppp (ca c’est la représentation d’un bruit fort curieux que mes lèvres émettent quand je souffle pour me dégonfler tel un vieux pneu crevé)… Comme tant d’autres… Je réapprends à redevenir célibataire et à expliquer à mon enfant ce qu’est l’Amour, quand je n’ai pas pu lui montrer en vrai, dans ma vraie vie, puisque l’un de nous trois à jeter l’éponge… Pour lui (mon fils) l’éponge c’est Bob… pour moi, l’éponge c’est moi !
 
Mon « Etat » Civil étant (en partie) retranscrit pour introduction… je vous adresse toutes mes civilités !
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Dimanche 20 janvier 2008
presentationphoto-copie-1.jpg Bon ! Autant vous l’dire de suite, pour être direKte… le premier K que je connaisse c’est moi ! oui j’ai cet extrême privilège d’en avoir conscience, d’en porter le poids souvent bien lourdingue… et puis certains matins, comme par enchantement, sans trop savoir koikiss pass ? Il peut m’arriver d’en sourire… Alors « le pataKess » devient plume… celle qui aime gratter la feuille blanche… ou devient mains (deux c’est préférable !)… celles qui aiment tapoter sul clavier pour exprimer, se révolter, sourire… voir… certains grands jours tenter de rire, puis découvrir, d’autres, d’autres Zunivers, d’autres Zorizons… si lointains, si abstraits, si virtuels… et pourtant tellement comme moi…
 
Parce que je ne vous cache pas (je parle à ceux qui posent distraitement leurs prunelles sur ces lettres alignées), je ne vous cache donc pas que je vous crois comme moi, ou moi comme vous (dans l’ordre qui vous conviendra)… en fait on est « tout pareil » vouzémoi, et nen a plein des gens comme vous Zé moi, tout plein, des tous tordus, biscornus, bourrés de plein gros vilains défauts pas beaux… Beurk beurk beurk… Mais les mêmes sont aussi parfois tellement bourrés (selon l’heure avancée de la soirée !) de valeurs attachantes, émouvantes, de vécus troublants…
 
Vous aurez donc compris que j’aime par-dessus tout les gens Zimparfaits parce que dans ce mot : y a zin zin et y a parfait… et c’est tout à fait paradoxal un zinzin parfait, alors faut chercher, fouiner, farfouiller, dénicher le paradoxe et ça c’est juste du partage et c’est juste... fantastik… ou pas, c’est selon !
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